#InitiativesAUDACIEUSES : Se lancer en entreprise dans des milieux à prédominance masculine

Démarrer une entreprise n’est jamais facile, particulièrement si vous êtes une jeune femme. De nombreuses entrepreneures font face à des obstacles systémiques qui limitent leur accès à l’éducation, au financement, à l’immobilier, aux réseaux professionnels et au mentorat, sans oublier la discrimination, qui va des préjugés inconscients au sexisme manifeste.

Alors, comment pouvons-nous aider à briser ces barrières ? Et quelle serait la différence si nous le faisions ?

Évaluation des obstacles

Entre 25 et 33 % des entreprises privées dans le monde appartiennent à des femmes ou sont exploitées par des femmes, dont 8 à 10 millions sont situées dans des pays en développement. Ces entreprises ont le potentiel de créer des emplois et de contribuer à la croissance et à la prospérité économique. Cependant, 70 % des petites et moyennes entreprises (PME) officielles appartenant à des femmes dans les pays en développement n’ont pas accès au crédit ou y sont limitées. Les entreprises dirigées par des femmes sont également concentrées de façon disproportionnée dans les secteurs du commerce de détail et des services, où les profits et les possibilités de croissance sont plus faibles, comparativement aux industries plus rentables comme la construction, l’électronique ou la conception de logiciels. Pourquoi ?

Dans certaines situations, le fait d’être une femme dirigeante entraîne un coût personnel important.

« Dans les différents pays où nous travaillons, il y a des pays où il est assez difficile pour les femmes d’accéder au financement », explique Elena Haba, responsable du juridique et des investissements d’ISF. « Par exemple, les femmes ont parfois besoin d’hommes pour faciliter l’accès à l’ouverture d’un compte bancaire ou à du crédit, ou encore pour utiliser la propriété foncière comme garantie. En raison de lois discriminatoires ou de normes culturelles, les femmes célibataires ou sans lien avec un mari ou un père peuvent se faire refuser l’accès au financement. »

Par conséquent, les entrepreneures peuvent éprouver des difficultés à accroître leurs activités, à embaucher plus de personnel et à investir dans des outils et des actifs qui rendraient leur travail plus efficace ou qui augmenteraient leurs retombées.

Le sexisme, le harcèlement et les normes culturelles qui guident les relations entre les femmes et les hommes peuvent également créer des obstacles au développement des entreprises des femmes ainsi qu’à leur leadership.

« Dans certains cas, le fait d’être une femme dirigeante peut avoir un coût personnel », dit Elena. « Vous êtes moins susceptible d’être considérée comme une partenaire de mariage désirable et si vous vous adressez aux hommes pour du mentorat ou du réseautage professionnel, que vous soyez célibataire ou mariée, cela peut être mal interprété. Et il peut être difficile de trouver des femmes mentores, car il n’y en a pas beaucoup qui ont des entreprises établies et des postes de direction. Une partie du rôle d’ISF sur le plan du financement est de créer ces espaces sécuritaires où les femmes qui débutent peuvent interagir avec des entrepreneures plus expérimentées afin de leur permettre d’apprendre et de grandir. »

Soutenir les entrepreneures profite à tout le monde par le biais d’innovations et de nouveaux services, de la création d’emplois et d’une croissance économique.

Loin d’être moins talentueuses, les femmes peuvent aussi avoir un accès plus restreint à l’éducation formelle que les hommes, ce qui peut affecter leur compétitivité lorsqu’elles demandent un financement.

« Parce que les femmes peuvent avoir une scolarité différente de celle des hommes, nous devons faire preuve d’ouverture d’esprit en tant que société d’investissement pour ceux et celles qui n’ont pas les diplômes ou les compétences traditionnelles, dit Elena, car ces attentes créent des obstacles à l’admissibilité au financement.

Briser les barrières

Chez ISF, nous essayons de reconnaître ces obstacles et d’investir dans des entreprises qui les surmontent.

« Bien qu’il y ait moins de femmes à la tête d’entreprises sociales, nous essayons de cibler intentionnellement des accélérateurs d’entreprises qui concernent les femmes et de les mettre en contact avec elles », dit Elena.

Bloom Impact, la dernière initiative d’ISF, en est un excellent exemple. Bloom relie les personnes qui n’ont pas accès aux services bancaires traditionnels à des prestataires de services financiers qui sont disposés à leur prêter de l’argent.

« Il existe de nombreux prestataires de services prêts à travailler avec des femmes confrontées aux obstacles du financement traditionnel, mais le manque d’accès à l’information fait en sorte que beaucoup d’entre elles ne sont pas au courant de ces services disponibles », dit Elena. « Bloom Impact est une excellente plateforme qui relie les PME aux services financiers dont elles ont besoin. »

En tant que responsable de la stratégie fondée sur l’égalité des sexes de l’équipe Stratégie et investissements chez ISF, Rithu Rajan aide aussi à accroître la capacité de l’équipe à trouver des entreprises et à les évaluer en fonction de leur capacité à aborder les inégalités entre les hommes et les femmes.

« L’objectif est d’aller au-delà des mesures traditionnelles, telles que le nombre de femmes qui dirigent des entreprises et le nombre de femmes employées par ces entreprises, pour déterminer si leurs produits sont accessibles aux femmes, répondent à leurs besoins et ont des retombées positives, » dit-elle.

Les retombées

En fin de compte, le soutien aux entrepreneures profite à tout le monde par le biais d’innovations et de nouveaux services, d’emplois et d’une croissance économique. Mais le leadership des femmes peut mener à bien plus que cela — il peut aussi inspirer les autres à rêver grand et à faire des changements positifs.

« Quand les hommes sont audacieux ou aventureux, ils ne créent un précédent que pour les hommes », dit Rithu. « Quand les femmes sont audacieuses ou aventureuses dans la poursuite de leurs rêves, elles créent un précédent pour tout le monde. »

Passez à l’action !

Vous voulez que le Canada en fasse plus pour appuyer les entreprises dirigées par des femmes dans les pays en développement ? Joignez-vous à nous pour demander au ministre du Commerce international du Canada, François-Philippe Champagne, de prendre des #InitiativesAUDACIEUSES !

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