Apprendre à échouer : les aventures d’un bénévole à court terme au Ghana

Au cours des trois semaines qui se sont écoulées depuis la fin de mon séjour en développement international d’ISF et mon retour au Canada, les gens ont été curieux à propos de mon séjour à l’étranger. Aux questions « Comment s’est passé ton séjour au Ghana? Ça a dû être génial, non? », ma réponse habituelle était : « C’était éducatif. » C’est la meilleure façon de résumer quatre mois de développement du caractère, de travail émotionnel et d’un peu de plaisir.

Pour mon séjour, j’ai été jumelé avec Voto Mobile (maintenant Viamo), une entreprise sociale de pointe qui travaille à donner une voix aux gens dans les régions mal desservies, par le biais de lignes d’assistance téléphonique et de sondages administrés par SMS et appels vocaux. Chaque sondage ou appel contient des informations pertinentes qui peuvent être utilisées pour adapter les produits à un domaine spécifique, distribuer des informations éducatives ou recueillir des commentaires. Par exemple, si vous êtes agricultrice, vous pouvez opter pour une ligne d’assistance téléphonique qui vous renseigne sur les meilleures pratiques agricoles ou sur les soins maternels, si vous êtes une femme enceinte. C’est cette mission (donner une voix aux autres et combler le manque de connaissances) qui m’a amené à Voto.

Apprendre à poser des questions

Mon travail avec Voto m’a aidé à voir une nouvelle facette du développement. Voto, comme toutes les initiatives d’ISF, adopte une approche alternative du développement dans laquelle nos parties prenantes (c.-à-d. les clients des initiatives, les résident×e×s locaux qui appellent pour avoir accès à une ligne d’assistance téléphonique) sont au cœur de la question. Si la partie prenante n’est pas satisfaite ou si notre produit n’a pas réussi à la servir, alors nous avons échoué dans notre mission.

Ma mission, en tant que bénévole à court terme, a été satisfaisante, mais elle a aussi été difficile et parsemée d’échecs. En particulier, j’éprouvais un sentiment d’inadéquation. Pendant une grande partie de mon séjour, j’ai eu de la difficulté à poser des questions. J’ai eu du mal à m’impliquer dans mon travail parce que je ne voulais pas supprimer accidentellement quelque chose sur la plateforme ou manquer une étape clé qui pourrait perturber l’ensemble du système. Alors, au lieu de poser des questions ou de demander de l’aide, j’ai gardé mes inquiétudes pour moi. Mon esprit a fait davantage d’introspection et j’ai perdu des occasions de communiquer plus intimement avec ceux et celles qui m’entouraient.

C’est à partir d’août que je me suis enfin senti assez à l’aise pour plonger dans mon travail. J’ai commencé à poser des questions et (surtout) à demander de l’aide. Une fois que j’ai fait cela, le monde a complètement changé. J’étais plus impliqué au bureau, je me sentais plus connecté avec mes gestionnaires et mes collègues, et j’étais plus heureux avec moi-même.

Le défi de cette expérience a été une occasion d’apprentissage exceptionnelle. Puisque je n’ai pas excellé naturellement ou immédiatement dans mon rôle, j’ai l’impression d’avoir appris davantage. Travailler à l’étranger m’a aidé à me voir sous un jour nouveau; je vois mes difficultés et les situations pour lesquelles je dois demander de l’aide. Plus que tout, mon séjour m’a donné l’occasion d’échouer immensément et de récupérer dans un endroit encore meilleur. Peu d’occasions professionnelles offrent cela, mais grâce à ISF, dans une période de seulement quatre mois, j’ai pu être le pire et le meilleur de moi-même.

Je suis reconnaissant à mes gestionnaires de Voto pour leur patience, leur chaleur et leur considération ainsi que pour m’avoir aidé à me découvrir cet été. Grâce à leurs conseils, mon travail au bureau a pu laisser une impression positive. La coordonnatrice nationale d’ISF au Ghana m’a également prêté une oreille attentive, ce qui m’a permis de lui faire part de toutes mes insécurités. Sa prévenance et son soutien m’ont permis de sortir de mon isolement.

Mon séjour m’a ouvert les yeux sur mon potentiel et sur le potentiel que j’ai dans le monde du développement et du changement systémique. J’ai eu l’occasion incroyable de travailler au premier plan d’une organisation que j’admire, et de ce fait, de laisser une impression durable. ISF et leurs initiatives englobent véritablement une vision du développement dans laquelle l’investissement dans les entreprises locales, dans la réussite locale et dans les entrepreneur×e×s locaux sont une priorité. L’approche d’ISF vise à maintenir et à faire progresser l’intégrité de l’infrastructure locale. J’ai travaillé pour incarner ISF ainsi qu’un rôle dans le développement qui est actif, ciblé et infatigable.

Quelle est la prochaine étape?

À mon retour au Canada, j’ai endossé le chapeau de bénévole outre-mer de retour au pays et je dois entreprendre la difficile tâche de trouver mon ou ma successeur×e. C’est une tâche difficile, mais je ne la changerais pour rien au monde! J’ai hâte de trouver la prochaine personne qui se lancera dans le voyage que je viens de terminer. Cette année, j’assume le rôle de co-vice-président externe de la section ISF de mon université. Je m’engagerai auprès de la communauté de Kelowna pour diffuser le message d’ISF et remplir notre mission, qui consiste à remettre en question la profession d’ingénieur×e, à maintenir un développement durable et à collaborer avec les groupes autochtones (un nouvel objectif pour ISF). L’engagement auprès des groupes autochtones est un objectif qui me tient à cœur, et j’espère que je pourrai utiliser mon nouveau poste pour établir des liens avec ces communautés, leur être un allié et apprendre d’elles.

Mon séjour en tant que bénévole est maintenant terminé, mais l’apprentissage ne s’arrête pas là. Je continuerai de réfléchir et d’apprendre de mon expérience tout en m’efforçant de devenir un leader en changement systémique.

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