On demande un accroissement de l’aide étrangère dans le budget de 2019

Les efforts de financement des objectifs de développement durable (ODD) deviennent une priorité mondiale absolue et le Comité d’aide au développement de l’OCDE a publié son rapport d’examen par les pairs sur les mesures prises par le Canada en matière de coopération pour le développement dans le cadre de son examen quinquennal des pays membres. Le message est clair : le pays ne contribue pas assez sur le plan de l’aide publique au développement (APD).

Le rapport reflète ce que beaucoup dans le secteur canadien du développement ont répété pendant 10 ans : le Canada devrait faire davantage d’efforts, car son niveau d’APD n’a jamais été aussi bas depuis une décennie. Effectivement, notre niveau d’aide actuel est bien inférieur à l’objectif convenu de 0,7 % du revenu national brut (RNB). De plus, il se situe au-dessous de la moyenne des pays membres de l’OCDE. Le rapport indique également que le gouvernement doit accroître ses engagements pour « [conférer] davantage de poids aux efforts de mobilisation du canada à l’échelle mondiale » et qu’il « devrait se fixer une cible ambitieuse d’augmentation de la proportion d’APD consentie par rapport à son revenu national brut, et fixer des jalons pour y parvenir, en lien avec le Programme d’action d’Addis-Abeba et l’Agenda 2030 pour les Objectifs de développement durable ».

Malgré ce constat négatif, le premier ministre Justin Trudeau prononcera le discours-programme lors d’une session extraordinaire traitant du financement des 17 objectifs de développement durable (ODD) en présence du secrétaire général de l’ONU. Selon le rapport, le chef du gouvernement en profitera pour mettre en lumière la contribution du Canada au financement des ODD grâce au déblocage de fonds privés.

Toutefois, puiser dans le secteur privé ne résout que partiellement le problème, ce qui ne remplace pas l’APD. En plus de constituer un élément essentiel à l’atteinte de l’objectif de la Politique d’aide internationale féministe du Canada, l’aide étrangère permet de sauver des vies, d’améliorer l’égalité et de créer des possibilités tout en faisant une réelle différence dans les pays les moins avancés et les contextes fragiles.

Les contributions d’aide sont le reflet direct des valeurs de la population canadienne moyenne et sont représentatives du rôle que joue notre pays dans le monde. À l’approche de la période électorale, il est important de souligner que, selon un rapport publié par le CanSFE, 67 % des Canadiens et Canadiennes estiment qu’il nous incombe d’aider les autres pays du monde, et que 64 % d’entre eux et elles croient que nous devons soutenir l’amélioration de la santé, de l’éducation et des perspectives économiques auprès des personnes les plus pauvres de la planète. De ce fait, les contributions actuelles du Canada à l’aide étrangère ne traduisent pas les sentiments de l’électorat à l’échelle nationale.

Le Canada a toujours été en faveur du multilatéralisme et de la coopération internationale et le moment est venu d’associer nos bonnes intentions à une intervention concrète. Pour ce faire, dans le prochain budget fédéral, notre pays devrait s’engager à accroître annuellement et de manière prévisible l’APD sur une période de 10 ans afin d’atteindre l’objectif mondial de 0,7 % du RNB. En effet, nous devons contribuer à soutenir le monde dans la réalisation des grandes ambitions du Programme 2030.

 

        

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